Les clients français et le syndrome du verre à moitié vide

Suite à un échange de Tweet avec Julien Bonnel et son billet qui présentait un slide sur Foursquare réalisé par Grégory Pouy (que je vous conseille au passage), je m’interrogeais sur cette approche de nos annonceurs français si pessimiste et enclin à une prise de risque minimale.

2010 sera l’année de la géolocalisation et on est encore en train d’apprendre à certaines marques ce que l’on peut faire sur Facebook (vous savez le site que j’adore…). Twitter reste inconnu au bataillon hormis un reportage sur Envoyé Spécial… (j’exagère un peu sur ce dernier point ok) C’est vraiment usant de devoir avoir 2 ans de retard sur tout le monde niveau web en France. Par exemple ici à Toronto, via Twitter et la communauté GenYTo, j’ai pu voir un vrai dynamisme pour les nouvelles initiatives et croyez moi il n’y a pas que des geeks mais simplement des personnes qui consomment le web en 2010 et non plus en 2002. Twitter est déjà relayé et ancré dans certains journaux télé, print. Des affiches dans le métro et j’en passe.

Le rôle de l’agence est d’accompagner une marque dans une stratégie globale sur la toile (ou comme le fait sidlee au delà du web), et lorsque celle-ci (l’agence) propose un dispositif nouveau, on a souvent droit à un refus. Puis 2 ans après, une fois que Nike ou Adidas ont fait le pas, nos gentils clients français nous lancent des briefs avec attention Facebook et Twitter… Zéro prise de risque.

C’est globalement une mentalité française de voir toujours tout négatif, de ne pas tenter ou de valoriser des échecs. Mon séjour au Canada m’aura permis de m’en rendre compte et le retour en avril me fait craindre un retour à l’âge de pierre.

Pour reprendre l’exemple de Foursquare, oui l’audience est faible encore, oui mais est-ce qu’une marque doit attendre le succès d’un site pour s’y lancer ? Ne doit-elle pas savoir prendre des risques ? Anticiper des usages ? A mon sens oui et si je peux pousser des idées ou concepts nouveaux, je le ferai. Avec 95% de chance d’avoir un refus d’un client français quand un client US me dira oui à 75% avec simplement des arguments et une prise de risque controlée.

Imaginez si Nike, Adidas ou RedBull n’étaient pas fer de lance sur la toile pour lancer des projets flash qui bluffent. Il y a évidemment d’autres marques leaders mais cherchez les françaises ?…

Je comprend que la multiplicité des canaux devient compliqué à gérer (et commence à couter un prix), des community manager deviennent nécessaire à la fois chez l’annonceur mais aussi l’agence. Et parler de stratégie sur les médiaux sociaux avec une personne incapable d’appréhender encore correctement les usages pour un site web classique relève d’une comédie, qui tourne souvent au drame.

Je me demande (naïvement) quand est-ce que la France arrivera à rattraper son retard et considérer le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

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2 commentaires

  1. Le 8 mars 2010 à 7:52 | Permalien

    Oui, il est très difficile de pouvoir innover en France.
    Merci pour la citation.

  2. Le 16 mars 2010 à 6:28 | Permalien

    C’est grâce a toi monsieur que j’ai découvert foursquare (via un de tes billets facebook) et j’apprécie ton envie d’innovation…
    Pour une [petite] marque d’hôtellerie, comme celle pour laquelle je bosse, en lisant ton article et celui qui est en lien, ça donne effectivement des idées!

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