Au détour de mon flux quotidien Netvibes, je tombe sur un article de Travailleurs du Web qui réagissait à un autre post d’un développeur.
Je vous laisse apprécier
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Mauvais développeur = (bon) Chef de projet ??
Mon avis sur la question ?
J’ai suivi une formation qui vise à avoir des billes pour être chef de projet web. A la fin du cursus, certains se sont orientés vers du développement, d’autres de la direction artistique, du motion graphic, tout ça pour dire que depuis 2 ans je suis chef de projet web comme la majorité de ma promo, que j’écoute mes développeurs mais je suis tout de même assez au courant pour ne pas me faire avoir quand on essaie de m’expliquer que c’est compliqué alors qu’il s’agit simplement de mauvaise foi. D’ailleurs, c’est toujours les mêmes personnes qui le font. Heureusement la majorité (des développeurs) ont compris que l’intérêt de tous étaient de travailler ensemble pour sortir un projet le mieux possible, que nous (chef de projets) sommes là avant tout pour simplifier les échanges entre toutes les personnes de la production, être pare-feu face au client etc.
Je trouve le point de vue de Sébastien un poil extrême mais peut-être est-ce lié aux chefs de projets qu’il a justement rencontré jusqu’à maintenant En tous cas, très intéressant ces avis, je me demande s’il existe le même type de critiques provenant de DA.
Ce que j’ai remarqué depuis 2 ans, c’est que les « bons » (ça me fait toujours penser au sketch des inconnus avec le bon et le mauvais chasseur) chefs de projets ne sont pas forcément des anciens développeurs mais simplement des personnes issues de formation multimédia et qui ont pratiqué pendant leur formation. A savoir : Hetic, Gobelins et Ingémédia. Mais là ou certaines écoles forment des techniciens, ces 3 universités savent former des médiateurs avec des bases solides (et donc pas forcément poussées, mais est-ce ce qu’on demande à un chef de projet internet ?) en techniques, en marketing, audiovisuel.
Rares sont les étudiants de ces écoles qui ne comprennent pas parfaitement les contraintes du web, les problématiques de chaque intervenant. Tous ceux que je côtoie (les autres chefs de projets) qui sont sortis de ces 3 écoles sont en général appréciés et compétents, même les juniors. Une part importante que certains développeurs ne voient pas est l’organisation du projet (les plannings etc sont vraiment utiles lorsque suivis) mais aussi la gestion des crises. L’important pour le chef de projet va être de ne pas véhiculer le stress de tous ces à cotés auprès de ces développeurs.
Qui a dit qu’un chef de projet était un titre fumeux ?
3 commentaires
Si j’ai formulé ces critiques, c’est en connaissance de cause tout en déniant pas que le métier est difficile. Maintenant tu dis que les développeurs ne voient pas l’organisation du projet hors je suis très bien placé pour te dire que c’est pas là non plus forcement vrai car j’ai été amené à participer sur plusieurs points de gestions de projets (les plannings justement en autre) et je dois dire que la grande majorité s’en sort très mal et ne font qu’ajouter du stress, de la tension au projet.
Maintenant, tu as bien raison de dire qu’il y a des formations qui donnent de plutôt bon résultats. Je n’ai pas eu la chance de côtoyer de chef de projet ayant fait ce genre de formation et c’est ce qui amené ma réflexion sur les mauvais chef de projet.
C’est un poste stratégique et pas bien facile il faut l’avouer mais quand on le prend ce poste, on sait à quoi s’attendre (autre que le pouvoir).
Et dans ma petite expérience, je n’ai vu que des chefs de projets incompétents ne sachant pas gérer un planning, une équipe et pire qui arrive à ne pas endosser la responsabilité de l’échec d’un projet.
Ton billet équilibre la balance et je suis plutôt d’accord avec tes arguments.
Je crois qu’au delà du débat chef de projet / codeur, qui s’applique également à chef de projet / crea / DA, c’est une question de relationnel, auquel il faut rajouter le coté hiérarchique de la chose. Parce intrinsèquement, il y a un rapport de de supériorité engagé, et je ne parle pas nécessairement de salaire. La position du développeur est assez dévalorisante, parce qu’il est en bout de chaine, celui sur on se servira pour expliquer pourquoi ça a planté. La position du chef de projet est à l’inverse : prendre tout échec sur son dos dans un premier temps, de l’analyser et enfin de voir dans quel mesure le dev est reponsable : mauvais CdC, spec merdique, pas d’infos en interne, delais, effectif, etc.
Alors soyons honnete, des chefs de projet qui ne savent pas recadrer une image dans photoshop, faire un echo en php ou ce qu’est une pseudo classe en CSS il y en a, beaucoup peut-etre, trop sans doute. Maintenant, on en revient à ce débat expert ou spécialiste que tu avais soulevé : si le chef de projet se devait d’etre DA, intégrateur, flasheur, dev, sys-admin, référenceur, marketer, commercial, photographe et CR, et bien il pourrait réclamer entre 300 et 600 k. Alors c’est sur, quand on sait se démerder en créa, que l’on sait intégré, avoir déjà compilé un noyau de FreeBSD, écrit en C, on est un peu plus crédible meme si on a pas le niveau de notre interlocuteur, ce n’est pas le but.
Donc voila, au dela des compétences pluridisciplinaires que le chef de projet doit avoir, dispensé à Hetic (aye les frais d’inscription par contre), Ingémédia (où la sélection est vraiment bizarre pourtant j’avais un bon dossier à ma sortie de SRC – jetais à Dijon avec Nono, JP, Morad-)) et Gobelin (où la sélect est dur également), mais également dans d’autres bonnes formations. Maintenant la formation c’est une chose : si tu n’as pas les connaissances de techos, pas la passion, pas la motiv, tu peux tjs avoir le meme diplome que ceux de ta promo, il y aura un delta énorme, d’où l’amalgame à ne pas faire.
Le développeur a malheureusement un poste relativement ingrat et frustrant dans la mesure où les dialogues sont bien souvent difficiles avec les supérieurs hiérarchiques (chefs de projet) lorsque ces derniers ont un profil technique général. En effet, comme tu le dis si bien, les chefs de projet web sont issus principalement de formation multimédia pluridisciplinaires telles que Hétic ou Gobelins (et son image VIP). Je viens de finir mon année de licence pro de développement mobile à Gobelins Annecy. J’été également retenu en liste principale pour la formation générale CRM de Gobelins mais j’ai pris le choix de la licence pro développement car je me considère comme un spécialiste, voire puriste du développement. En revanche, les étudiants CRM de Gobelins sont formés aux métiers du multimédia en général. Certes, après deux ans de formation, ils ont une culture générale multimédia très étendue mais techniquement ils sont moyens, sauf les quelques passionnés dans un domaine particuliers (graphisme, vidéo, flash, développement…). Tous ces étudiants arrivent généralement à obtenir des postes de graphistes ou de développeurs pour de grosses sociétés de communication telles que Mégalo[s] Studio à Annecy ou bien DDB à Paris. Puis, ils évoluent rapidement vers des postes de chef de projet ou de DA. C’est leur large culture qui leur permet.
En revanche, les développeurs comme moi, qui sont des puristes et des spécialistes dans leur domaine, on s’en fout un peu plus. Nous avons beau être très bon dans notre domaine, on reste de simples codeurs fous aux yeux des chefs de projet. Pourquoi ? Simplement parce que le chef de projet en aura rien à faire que le code que vous pondez est beau, optimisé, sécurisé… Les seuls mots que vous entendrez de sa bouche sont « du moment que ça marche et que tu n’y passes pas trop de temps, c’est le principal !!! ». Et là, on s’en prend un gros coup sur le moral car tout l’effort intellectuel du développeur et la mise en valeur des compétences techniques sont réduits à néant.
En d’autres termes, on demande aux développeurs de coder vite pour que ça marche au final parce que les deadlines sont très proches et que l’on a vendu peu de jours de développement. Alors qu’à l’inverse, on aura vendu plus cher plus d’heures pour un graphiste et un chef de projet. Des heures supplémentaires qu’ils n’utiliseront pas forcément alors que le développeur, lui, sera très généralement à la bourre dans ses plannings. Pour enfoncer davantage le clou sur le poste de développeur, son travail (aussi excellent soit-il) est mis à l’écart au final car il n’apporte rien de visuel au client. Ce que veut le client, c’est un produit qui lui correspond visuellement (son identité visuelle) et qui répond à ses besoins. Toutes la logique et la cinématique des écrans qui se trament derrière, il s’en fiche royalement. Et au final, les deux personnes principales à recevoir les félicitations et les remerciements du client sont bien entendues le graphiste (pour son travail d’esthétisme et de rendu visuel) et le chef de projet pour son travail de management des équipes. Le développeur, par contre, reste dans l’ombre et ne peut faire valoir la qualité de son travail.
Pour en revenir au dialogue entre développeur et chef de projet, il est difficile à cause de la culture générale informatique des deux parties. En générale, le développeur est très compétent techniquement dans son domaine alors que le chef de projet ne connaît que les concepts généraux. Ce qui intéresse le développeur, c’est de développer avec des nouvelles technos, d’écrire du beau code facile à tester, à maintenir et à faire évoluer tandis que pour le chef de projet, c’est le respect de ses plannings qui le motive. Donc forcément, il est difficile de s’entendre surtout quand le chef de projet n’est pas issu de la technique.
Clairement, avec mon profil, je n’envisage pas vraiment de devenir chef de projet car je trouve ce métier trop général à mon goût et devoir faire le tampon avec des clients, trop peu pour moi. En revanche, j’aspire plus à devenir directeur technique afin de pouvoir m’intéresser aux parties les plus intéressantes d’un projet telles que la conception, la direction d’une équipe de développement et la prise de décisions technique. Le directeur technique a encore la chance de pouvoir rester proche avec son équipe de développeur puisqu’il a connu leur poste et leurs difficultés et continue encore malgré tout de mettre la main dans le cambouis, tout en gardant sa position de chef. Enfin, ce poste, permet également de faire l’intermédiaire entre le chef de projet et l’équipe de développement et ainsi d’être un médiateur pouvant aider au dialogue entre le chef de projet et les développeurs informatiques.
++
Hugo.