Travailler sur des grands comptes : les points négatifs

Un des points que j’apprécie à Publicis mais plus généralement dans des « grosses agences » (Nurun, Fullsix, DDB, McCann etc) est l’occasion de travailler sur des grands comptes.

Et pourtant, les sites les plus créatifs ou qui sont techniquement en avance proviennent rarement de ces clients. La faute à qui ?

  1. Travailler toujours dans l’urgence : devoir réfléchir à des prises de paroles originales mais rapides à mettre en place. Une des frustrations que les directeurs artistiques, les développeurs et chefs de projets ont est le fait de ne pas avoir assez de temps pour peaufiner les détails et qui font la différence quand le site est on-line.
  2. Beaucoup trop de validateurs : c’est le pire je crois, vous proposez une idée vraiment sympa, et vous partez au front pour convaincre 6,8, … personnes. Entre les conflits d’intérêts, les personnes non digitalisées, vous arrivez le plus souvent à un résultat final décevant.
  3. Des personnes qui ne savent pas faire du web : et oui pas de langue de bois, dans les grands groupes, vous trouverez des personnes n’ayant clairement pas leur place dans le web, ou qui sont sensés être force de proposition (à faire du facebook…).
    Ce problème arrive évidemment (malheureusement) coté client mais aussi (et plus souvent qu’on le pense) en agence et cela, à tout niveau (concepteurs, direction artistique, chef de projet etc). Je publierai surement un billet dédié rien qu’à ce sujet.
  4. Des systèmes informatiques d’un ancien temps : typiquement un grand groupe comme L’Oréal travaille avec la plateforme Alsy. Je ne connais aucune personne qui puisse dire du bien de cette plateforme (même celles de chez L’Oréal n’en sont pas satisfaites). Quand vous devez expliquer à votre client : désolé l’idée serait possible en Php/Mysql mais malheureusement impossible avec votre SI, celui-ci se résigne mais est tout aussi frustré que vous.
    Des groupes internationaux ont besoin d’avoir un SI homogène, mais est-ce que cela doit brider les possibilités quand il s’agit d’être à la pointe de la technologie sur le web ? … Des groupes comme Orange ou Renault imposent simplement quelques conditions (version du flash player) mais sont ouverts si l’idée les séduit (dernièrement l’agence Tequila Rapido a utilisé Silverlight pour le site Laguna Coupé).

Si ces points se retrouvent aussi dans une agence et clients plus modestes, cela prend des proportions plus importantes avec ce type de grands comptes compte-tenu des budgets à gérer. A coté de ces points négatifs, il y a heureusement des aspects plus sympas. On en reparle prochainement avec un autre billet.

Et vous, quels sont les points négatifs au quotidien (petits, moyens, grands comptes) ?

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Un commentaire

  1. Le 8 août 2008 à 9:50 | Permalien

    Pour travailler avec des clients moyen-compte (niveau nationnal) mais également des bcp bcp plus petits, la question de l’urgence reste bien présente. C’est le propre de l’agence je pense, les grands groupes sont d’ailleurs plus habitués à ces situations alors qu’un artiste indépendant aura l’impression qu’on bacle le projet.
    Le nombre de validateurs est en revanche clairement bloquant . Plus tu traites avec les top décideurs, et plus simple c’est j’ai l’impression. On ne parlera pas des institutions publiques avec 3comités de direction, 4 groupes projets etc. J’imagine d’ailleurs qu’en interne ça doit être plus chaud de défendre son steak si tu as 10 collaborateurs à convaincre et qui ont leurs envies..
    Pour le point 3, c’est aussi délicat avec des petits annonceurs pour qui IE = internet. La différence c’est que ton interlocuteur ne souhaite pas avoir une ile sur Second Life sans meme faire l’effort de comprendre pourquoi ça semble inopportun.
    Je te rejoins pour le 4e point, mais les tous petits clients n’ont pas de SI donc ça ne simplifie pas la chose quand tu leur expliques qu’il leur faut un ERP, une ligne dédiée et tout le tralala… bref, c’est comme tout, ya du bon et du moins bon. (mode normand off)

Un trackback

  1. [...] de mon précédent billet consacrés aux particularités de travailler sur des grands comptes. Si tout est loin d’être [...]

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